Juste un mot par keira974


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Et si, pour une fois, nous disions la vérité? Et si, enfin, nous faisions tomber les masques? Nous avons tous notre part de responsabilité dans ce qu’il s’est passé ces cinq dernières années. Cinq ans? Non, je crois que les problèmes ont débutés bien ava
nt. Longtemps, très longtemps avant cette grossesse prématurée. Bien avant, le déménagement. Nous avons cessé de nous voir alors que nous pensions être heureux, lorsque nous étions encore dans ce petit appartement à Saint Genis Laval. Trop préoccupés par
nos carrières, trop préoccupés par nos amours, trop préoccupés par nos nombrils. Le bonheurs des uns à finis par devenir le malheurs des autres. Nous voulions ce que les autres avaient, nous voulions avoir plus que les autres. L’envie, la jalousie. La s
tupidité. Nous voulions être vu, être enviés comme nous envions nos pairs. Et puis, ça n’a plus suffit. Nous voulions plus, tellement plus, toujours plus. La maison, la voiture, le statut social. Assez de ces appartements trop petits. Assez de cette viei
lle bagnole déglinguée. Assez d’être vus comme de simples ouvriers. Nous pensions avoir atteins le sommet, nous avons alors finis par dégringolés. Pourquoi? Parce que nous avions perdu de vue l’essentiel. L’amour. La générosité. La sincérité.
Regardez désormais où nous en sommes! Plus personne ne s’adresse la parole. Les disputes, les clashs. D’abord aveuglés par notre cupidité, nous avons été ensuite envahis par la stupidité (ou la colère appelez ça comme vous voulez). Nous avons chercher un
coupable à tout ce qui nous avait été enlevé. Et puis, quand ça nous arrangeait, le coupable devenait allié, et l’allié prenait la place du coupable. Personne ne s’est-il jamais remis en question? Je suis en partie responsable du divorce, parce que j’ai
dis ce que vous vouliez cacher. Je suis en partie responsable des disputes, des clashs qui nous ont meurtris, parce que je n’ai rien dis. J’ai été témoin, mais j’ai fermé les yeux. Pourquoi? Parce que je suis lâche. Parce qu’il est tellement plus confor
table de faire comme si j’étais aveugle, sourde et muette. Parce que je suis un trouillarde. Le conflit me fait peur, autant que me terrifie le bonheur. C’est bête à dire, ou peut-être méchant, mais je me complaisait égoïstement dans le malheur qui nous
frappait. Échapper au bonheur me permettait de me cacher. J’avais une bonne raison de pleurer, une bonne raison de baisser les bras. Et combien de fois ai-je voulu baisser les bras? Ça a commencé alors que nous étions dans ce quartier miteux, alors que
je me cachais dans les placards pour « réfléchir ». Enfermée dans le noir, dans un espace clos et étroit, c’est ainsi que j’imaginais la mort à l’époque. C’est ainsi que je l’imagine aujourd’hui. Et puis ça a continué à Saint Genis. Les placards étaient
plus petit, mon désir de disparaître plus grand et moi plus âgée. Alors il y a eu ces immondes vêtements noirs. Faute de ne pouvoir être entourée de ce noir qui m’apaisait, j’ai finis par m’en envelopper à ma manière. C’est alors qu’il y a eu notre aveug
lement.
Aujourd’hui, j’aimerais tant que l’histoire finisse pas ainsi. J’aimerais tant que le noir qui a finit par nous envelopper se dissipe enfin, que nous laissions enfin entrer la lumière. Oublier les histoires passées, oubliées les querelles générées. J’aim
erais tant que notre histoire finisse par des sourires, par des regards qui pétillent et par une embrassade. Ou tout du moins que soit dressé le drapeau blanc. Faire la paix demande du temps, de l’énergie, mais je ne crois pas que l’envisager soit si com
pliqué. Après tout, la fierté n’a pas lieu d’être dans une famille. Alors redevenez ce que nous sommes plus depuis trop longtemps. Redevenez « famille ». Pas parce que désormais je ne suis plus, mais parce que aujourd’hui vous voyez!
Une dernière chose, si je ne suis plus parmi vous, ce n’est pas à cause de vous, ce n’est pas à cause de toutes ces années, à cause de tous ces clashs. C’est parce que j’ai définitivement baissé les bras. Parce que vivre implique trop de choses, comme af
fronter ce qui me terrifie, le monde, les gens, la lumière. Les sentiments. Je crois qu’il y a des personnes qui ne sont pas faites pour vivre, qui ne sont pas faites pour affronter toutes ces responsabilités.




keira974

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