Voyage ailleurs par Véronique Letertre


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voyage ailleurs



Le téléphone me tire de ma rêverie,
Elle est trop forte cette sonnerie,
Le coeur qui bat, j’espère que c’est lui,
Qui m’appelle, qui de moi, s’ennuie.
Il va m’appeler, comme il m’aime,
Je le sais, le devine tout de même,
Je reconnais sa voix, je frissonne,
Lui dis toute la joie qu’il me donne.

J’ai l’impression de toujours répéter,
Mes seuls rêves de toute une éternité.
Grâce à lui, je sais que je vais exister,
A ses mots tendres, ne sais résister,
Mais je dois bien avouer, nulle envie
Ne m’effleure, voulant vivre ma vie,
Ses bras me semblent si bel asile
Que je serai folle, d’errer en ville.

Demain, il se promènera dans mes pensées,
Labyrinthe où rien ne semblera sensé,
Je le ferai voyager de mon seul gré,
Vers des plaisirs que mon corps agrée,
Et si par hasard, vrai et simple hasard,
Je sens que mon esprit, par trop, s’égare,
Je ne ferai rien qui me ramène, sans doute,
Hors de ce bonheur, qu’enfin je goûte.

Il a des mots, des paroles, jamais entendus,
Cette rencontre, tout juste convenue,
Me voit comme telle, novice non prévenue
Que la vie est pleine remplie d’imprévus,
Qu’il faut rechercher entre coeurs et corps
Cette union, faite d’imprévisibles accords
Et lorsqu’enfin nous nous dirons encore,
Nous nous aimerons tard près l’aurore.

Je suis partie vers des chemins inconnus,
Prête à le regarder d’un regard soutenu.
Me voilà, infidèle et même vagabonde,
Prête à partir au bout de tous les mondes.
En quête d’un indiscipliné bonheur,
A partager, à mettre en son coeur,
Et c’est vrai que je ne veux plus en rêver,
Sur le cours de ma vie, seul, le graver

Cette main qui s’envole vers son corps
A toutes les audaces, tous les accords,
Qu’il est doux de savoir fermer les yeux,
La main qui découvre, c’est merveilleux,
Et cette bouche, éternelle gourmande,
Qui donne et même parfois demande,
Qui se fait indiscrète, d’intentions secrètes,
Qui excite, fait souvent perdre la tête.

Ma plume s’est envolée, caresse de soie,
Mettant des mots qui donneront l’émoi,
Je ne suis pas sûre qu’ils soient en ordre
Mais il me plaît davantage ce désordre,
Je n’ai pas voulu savoir être impudique
C’est mon coeur, voulant que j’explique,
Qui a guidé ma main, en ce dimanche midi,
Mais je reviendrai, n’ayant pas tout dit.

Véronique Letertre

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