Douleurs et délivrances par Emmanuelle Patron


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DOULEURS ET DELIVRANCES

Une porte qui claque au milieu de la nuit,
Des mots qui résonnent dans ce trop long couloir
Des gémissements que l’on croit venir des conduits
Des disputes qui réveilleraient un loir …

Quand on est malade et douloureuse
Si il y a bien un moment difficile à supporter
Ce serait cette nuit trop silencieuse
Laissant passer le moindre bruit déplacé
Ajoutant anxiété à cette satanée maladie détestée.

Mais il y a encore pire,
Ajouter l’insomnie à ce cocktail détonnant
Qui est prêt à éclater à chaque instant.
Alors pour éviter ça, on n’arrête pas de se mentir.

Mais un jour pas fait comme les autres
Le mélange explose
Epuisée, sur le sofa, elle se vautre,
Alors à plus personne elle ne s’oppose.

Samu, ambulances, sirènes … tout ça pour être transportée
Arrivée aux urgences, au médecin encore tout expliquer.
Perfusions, tensiomètre, ECG … Surmédicalisation ?
On ne lui dit jamais rien, aucune information.

Et maintenant, elle doit attendre
Encore et toujours attendre
Allongée sur un brancard
Dans ce trop long couloir, on dirait un hall de gare !!

Elle gémit toujours,
Elle a l’impression que tout le monde s’en fout
Elle n’a plus la force de parler,
Alors personne ne prend le temps de l’écouter.


Pourtant elle souffre beaucoup.
Les heures s’égrainent lentement quand on a mal partout
Elle a la tête pleine de mauvaises pensées
Mais comment ne pas penser que seule la mort pourrait l’aider ?

Puis quelqu’un s’approche enfin d’elle,
Elle lui parle doucement
C’est inaudible apparemment
Alors la personne s’éloigne à nouveau d’elle …

Mais une douce chaleur l’envahit brutalement
Elle ne comprend rien de cet évènement.
Elle se sent tellement mieux,
Elle ouvre enfin les yeux !!

La douleur a déserté enfin le bateau,
Elle n’espérait plus ce cadeau.
Alors elle l’a promis,
Aujourd’hui elle ne pensera plus qu’à la vie.

Maintenant elle le sait, elle ne doit plus jamais autant attendre
Et à la moindre alerte, toujours rapidement s’y rendre
Dans ce monde des blouses blanches
Toujours ouvert, du lundi au dimanche.

La vie peut-être si dure et si belle
Qu’elle ne disparaîtra plus en elle …


Emmanuelle Patron

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