Adieu tardif par Emmanuelle Patron


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ADIEU TARDIF

Aujourd’hui je pensais à toi, ami
Déjà huit ans que tu es parti.
Tu vois je ne t’ai pas oublié
Dans mon antre, ta place y est bien gardée.
Pourtant j’ai tenté de te maudire,
Quand tu as décider de mourir.
Tout ça pour une femme,
Qui a meurtri ton âme,
Qui ne voulait plus de toi,
Pour notre plus grand désarroi.

Fatigué par la vie,
Trop fragile pour continuer,
Trop fort pour laisser tomber,
Tu as sûrement réfléchi.
Pas assez,
Pas comme on l’aurait désiré.

J’aurais voulu te haïr,
Maintenant je peux le dire,
Non pas pour l’acte lui-même
Car je ne suis pas à même,
De juger ta douleur,
Même du fond de mon coeur.
Je te comprends vraiment,
Je te le jure sincèrement.

J’ai eu mal,
J’ai pleuré.
La douleur était collégiale,
Nos parents dépités.

J’ai entendu beaucoup d’âneries,
Par ceux qui n’avaient rien compris.
Le chagrin t’avait tant meurtri,
Tu avais été trop sali,
Ton malheur été trop présent,
Il te fallait partir rapidement.



Tu as rejoint Lennon et Lady Di,
En as-tu fait tes amis ?
Que ce passe-t-il là-haut,
Existe-t-il un plan d’eau ?
Où tu pourrais pêcher,
Enfin en toute tranquillité.

Te souviens-tu de Granès,
Et de ton piteux palmarès ?
Pas de poisson au bout de ta ligne,
Pourtant tu es resté si digne
Devant les moqueries de gamines délurées,
Qui avaient bien décidé
De te mener la vie dure,
Quelle aventure !!!


Aujourd’hui c’est si loin,
On a tous été témoin,
De la renaissance de ta soeur,
Trouvant enfin le bonheur
Changeant cette date horrible,
Afin de rendre plus paisible,
La vie de ta maman,
Et de tous tes parents.

On ne t’a pas oublié,
Tu es avec nous à jamais.
Plus rien ne pourra gommer,
Ces liens qui nous unissaient.

Tu manques, tu sais,
A tous ceux qui t’aimait,
Ton départ a laissé un vide,
Pour toujours apatride.
Quand la colombe s’est envolé,
Mes yeux n’ont pu s’en détaché.
Tu partais vers l’au-delà,
C’étais comme ça.

Je devais te dire au-revoir,
Remplir mon devoir.
Mais je n’étais pas ici,
Partie dans le Midi.

Longtemps je m’en suis voulu,
Pensé que jamais plus,
Je ne saurais me pardonner,
De t’avoir abandonné.

C’est stupide je le sais,
Mais comment se défaire,
D’une obsession intime
D’un détail si infime.

En ce jour,
Je te laisse partir pour toujours.
Malgré la douleur
Succédant au malheur.
Aujourd’hui je veux vivre,
Et non plus survivre.
Pour ça, il me faut
Te laisser aller là-haut,
Rejoindre ce « bon » Dieu
Voici donc mon adieu.

Un adieu bien tardif ..


Emmanuelle Patron

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