EN ATTENDANT L’ANKOU par Bernard Pichardie


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EN ATTENDANT L’ANKOU

Sous la lourdeur de la grisaille
Striée par le vol des mouettes
S’élance en zigzag la marmaille
Bondissant chantant à tue-tête

Les heures coulent dans le morose
De cette vie lyophilisée
Sur le banc où il se repose
En abaissant ses yeux usés

Doucement Monsieur Anatole se ronge
Sur le quai vibrant de la cavalcade
Lentement Monsieur Anatole s’évade
Il se lève et ses rêves se prolongent

En attendant l’Ankou
Devant cette marée
Qui n’en finit pas
Il vient tout à coup
Et sans aucun regret
De penser au trépas

Le Bag-Noz craque dans le ressac
Agitant de ses lourdes rames
Les embruns retombant en flaques
Et le vieux a du vague à l’âme

Il sent une boule à l’estomac
Il a du mal à respirer
Titubant devant le grand mât
Celui-ci le fait chavirer

Doucement Monsieur Anatole replonge
Avec ses souvenirs il reste en rade
Lentement Monsieur Anatole taillade
Tous les fantômes accompagnant ses songes

En attendant l’Ankou
Devant cette marée
Qui n’en finit pas
Il vient tout à coup
Et sans aucun regret
De penser au trépas

( un texte à la recherche d’une musique )

Ankou: Personnification de la mort dans les légendes bretonnes
Bag-Noz: Barque des morts commandée par le 1er mort de l’année


Bernard Pichardie

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