PATONG MON AMI par BENAISSA Abdelkader


poème précédent - poème suivant


Patong mon ami

PATONG bateau ivre
Sans escale aucune
Tu tangues dans ma mémoire
Prenant eau de toute part
Tu coules en un sanglot
Dans mon âme de part en part
Patong le déluge
Patong la malheureuse plage
Gorge nouée, lampée océane
L’eau s’engouffre par tous les pores
Aux derniers retranchements de la peau
Le sang giclant par tous les os
Aux derniers soubresauts de la vie
Je mesure l’élan
Des cœurs qui chavirent
La compassion à portée de mains
Le mal au creux de l’estomac
Ave braves enfants
De la noce maquisarde
Hymne d’amour et d’innocence
Au carillon de minuit
La coupe pleine
Le calice jusqu'à la lie
Patong mon ami
J’ai peur de toi
J’ai peur de moi
J’ai peur de nous
Patong le tsunami
Au carillon de minuit
Au bord de l’ivresse
Champagne et martini
Musique à fond la caisse
Bonjour tsunami
Patong mon ami
Danses, danses, danses
Danses le tsunami
Tapez des mains
A l’enfer des nuits
Tapez des pieds
A l’horreur des nuits
Chantez, chantez, chantez
Chantez le tsunami
Raclez les gorges
Usez les voix
A l’eau de vie
A l’eau de la mort
Patong la survie
Patong le déluge
L’arche crevée
Des milliers de vies
De vie à trépas
Les gorges nouées
Cravates de l’au-delà
Pour simples refuges
Danses, danses mon ami
La contredanse du temps
Sur le ventre de Patong
Panses, panses mon ami
L’âme de Patong
Et absous le tsunami
Que l’océan accouche
De mille et un Patong
De mille et une plage
Pour que mon âme tangue
Au seul ancrage
Au seul arrimage
D’un nouveau Patong
Que le ciel éclate
De mille feux, de mille éclats
Pour qu’éclate la rate
Du démon scélérat
Pour que renaisse enfin la vie
En amont du trépas
Du fond du grabat
Du fond de ma tristesse
Où le deuil en laisse
Comme un boulet de fer
De la forge de Lucifer
Accentue ma détresse
Dans une geôle d’enfer
Pardon Patong, pardon mon ami
Le poète que je suis
Trônant sur un mont d’impuissance
La pire de mes ennemies
Peut être n’est-ce que l’alibi
De ma profonde faiblesse
De ma piètre assistance
Hommage à toi Patong !
Mon cœur en pleurs
A fleurir tes tombes
A l’heure du tsunami
La maudite hécatombe
Chapeau bas Patong
Et âme en berne
Au chat je donne ma langue
De dire le verbe maladroit
Orphelin de tes joies
Mon cœur est à l’étroit
Pense un instant à moi
A ma folie, à mon désarroi
Ton souffle et ta voix…


BENAISSA Abdelkader

- commentaires :


Commentaires ouverts

Le site : Accueil - CONTACT
Thème La mort