de midi à minuit ou les quatre par Antonio ARROYO


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Chêne endormi, dans la caverne obscure l’autre se nourri à ta source,
Accroché au fil, à travers le dédale il initie sa course,
Mais déjà en son sein, la vie bouillonnante comme un temple s’érige,
Bientôt nouveau Chêne, tu verras la lumière qui vers toi se dirige.

Chêne frémissant de vie, de la grande nuit noire, en toi, tu portes encore les traces,
Dans la pénombre de l’aube ta cime, tendue vers le ciel, te confère la grâce,
Mais déjà, le printemps saturé de jeunesse, te laisse entrevoir,
Bientôt, au zénith, le soleil de l’été couronnera ta gloire.

Braves gens, allumez les feux, dansez et riez,
Avant qu’il ne décroisse il faut le baptiser.

Chêne fécond, sur les hautes branches tu porte tes fruits,
Comme s’ils étaient lanternes pour éclairer la nuit !
Mais déjà, à l’abri dans le bois, tes bourgeons attendent l’age,
Bientôt, pour qu’ils grandissent tu leur enseigneras ton langage.

Chêne majestueux, la terre, l’air, l’eau et le feu ont façonnés ta beauté,
Sous ton fertile feuillage, à l’abri du soleil, combien de chênes ont germés !
Mais déjà, l’automne pour l’éternité te prépare,
Bientôt, l’effroi de l’hiver annoncera ton départ.

Oye ! oye ! Un chêne va naître car l’autre est mort,
Il deviendra bien plus grand, bien plus fort !


Antonio ARROYO

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Thème La mort