ISTAMBOUL par Jacques Myrat


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Par une nuit d'automne, au milieu des ballots,
Dans le port d'Istamboul, j'errais en solitaire.
L'avarie du bateau nous retenait à terre
Et nous traînions l'ennui de taverne en bistro.

C'est là qu'au fond d'un bar, parmi les Orientales,
Je fus frappé, soudain, par de beaux cheveux blonds.
La courbe était jolie que faisait le jupon
Et les seins orgueilleux sous le corsage sale.

Un parfum de chez nous émanait de sa peau.
Je lui baragouinais que je la trouvais belle
Quand en riant elle me dit son nom: "Armelle"
Et qu'elle était venue, jadis, de Concarneau.

J'ai partagé sa couche et son porte-monnaie
Car elle aimait en moi le gars de son pays.
Mais malgré mes questions, je n'ai jamais compris
Quel avatar l'avait jusqu'ici amenée.

Au bout de quelques jours, j'ai repris le bateau.
J'ai perdu son argent aux bras d'une négresse
Mais je rêve parfois avec quelque tendresse
D'Armelle d'Istamboul, enfant de Concarneau.

Jacques Myrat.

Jacques Myrat

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